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Nanon

mars 13, 2012 Sur le vif 0 Commentaire

Tu aimes bien raconter à tout le monde que la première fois que tu m’as vue,  j’étais toute nue sur une table (c’est bien mon genre entre nous). Moi, je ne me souviens pas de toi ce jour là. Mes souvenirs de cette période restent assez flous. Plus tard, ils se préciseront. Une odeur, celle de ton Parfum, Calèche. Une sensation de bien-être quand tu étais près de moi. Cette présence douce et rassurante. Nanon. Un nom que je t’ai attribué un jour, comme ça, et qui est resté. Ça nous amusera plus tard quand on découvrira que c’est celui de la bonne dans Eugénie Grandet . Une petite fille despotique sommeillait déjà en moi.

Tu étais belle. Toujours très bien habillée et sans cesse invitée dans tout Paris. Je te regardais partir, élégante et gracieuse, depuis mon petit lit d’enfant. Je m’endormais paisiblement sous les effluves de ce parfum magique. Je savais qu’en rentrant, tu viendrais m’embrasser. Je ne craignais rien.
Mais en grandissant, j’ai dû apprendre à vivre ailleurs qu’avec toi.
La séparation.

Je me souviens de cette journée où je quittai pour la première fois le cocon familial. Ma mère, un nouvel homme, la stabilité retrouvée, et une grand-mère qui devait reprendre sa place. Une déchirure.
Heureusement, nous avons continué à nous voir chaque week-end. Le vendredi soir, l’arrivée en voiture, ton sourire et tes bras qui me seraient si fort. Ces petits noms dont tu m’affublais sans cesse : Ma reinette, mon petit bleu, ma doudou, mon cœur, mon poulot, mon roudoudou, et j’en passe. Des surnoms qui ont bercé mon enfance, et adouci mes peurs. Il me suffisait de te téléphoner et t’entendre ta voix pour que toutes mes craintes enfantines disparaissent d’un coup.
Tu m’as tellement écoutée, tellement consolée, et encore aujourd’hui. De petit bleu, je suis passée à Ton baton de viellesse, Ton trésor oublié, me rappelant avec douceur que je n’étais pas encore mariée. Ils sont bêtes ces hommes. Et qu’est ce qu’on a en pu en dire du mal toutes les deux. Tout ce que je sais aujourd’hui, je te le dois. Tu m’as éveillée au monde, tu m’as tout montré. Les musées, les films, les livres, le théâtre, notre fin vernis comme tu dis, je te le dois. Mon amour pour Lelouch et Fellini, mon amour de Paris, mon amour des artistes et de la vie, c’est toi.
Mais nous n’avons pas fait tout cela sans peine, ni sans rire d’ailleurs, comme cette fois tu as manqué de mettre le feu à Notre-Dame. « Tiens, brulons un cierge » as tu dit, toi à la foi pourtant bien contestable. Je ne me souviens plus trop pourquoi, mais plusieurs cierges sont enflammés, puis d’autres sont tombés. Alors affolées, nous les avons tous éteint, avant de se regarder pétrifiées. Nous venions d’éteindre des prières. Merde alors. Nous les avons donc rallumés, l’air de rien, et nous avons filé à l’anglaise, ricanant comme deux idiotes, sous le regard outré des touristes. Nous en avons eu des aventures et des fous rires. Des jours moins drôles c’est certains, mais toujours l’une avec l’autre. Le principal.

Puis nous avons en commun cet amour de la discussion. Celle qui ne mène à rien. Sur des sujets sans importance. Tant mieux. Parler, parler, et encore parler. La vie, la politique, les nouveaux voisins, ce film que nous avons adoré. Des débats à n’en plus finir et bien souvent stériles. Nous ne sommes pas des efficaces nous deux, nous sommes des bavardeuses, des faiseuses comme ils dient. Qu’importe, « Et puis tant pis, nous ferons la vaisselle demain matin ». Plus que ma grand-mère, tu es devenue celle de mes amis. Tu es tellement en avance sur ton temps, tellement éclairée. Peu de choses peuvent aujourd’hui te choquer, si ce n’est le fait que l’on puisse plus fumer dans les restaurants. C’est pénible comme tu dis. J’ai aimé avoir une grand-mère fumeuse, j’ai aimé avoir une grand-mère qui comprend avant tout le monde à quoi ressemblera demain, et j’ai aimé te voir véhiculer des messages engagés pour l’égalité et la tolérance. Je suis si fière de toi. Je me souviens aussi du jour où tu as déménagé dans cette résidence où tous les immeubles se ressemblaient. Le soir de ton arrivée, il y avait une soirée organisée dans le parc par la copropriété. Je t’avais forcée à t’y rendre pour te faire des connaissances, et je t’avais accompagnée. Mon dieu, que les gens étaient snobs. Mon dieu, que de Kirs nous avons bu pour nous détendre. Tellement d’ailleurs, que nous avons lutté pour retrouver ton immeuble. Un peu ivres la grand-mère et sa petite fille.

Dans tes yeux, j’aime le monde. Dans tes yeux, je m’aime. Dans tes yeux, je vois tout l’espoir que tu mets en moi. Moi, ta petite fille si maligne, et jolie. Mieux que les autres, avouons le. Et pourtant. Je te remercie pour ton amour inconditionnel, pour ta confiance aveugle dans les projets que j’ai entrepris, et, plutôt raté, soyons honnêtes.

Alors imagine ma réaction quand on m’a dit que tu étais malade l’autre jour. Impensable, Intolérable. Tu ne pouvais pas être malade. Pas toi. Tout le monde, oui. Mais pas toi. Tu es la seule chose qui ait du sens dans ma vie, mon pilier, mon rempart. Quelle petite égoïste je fais hein. Tu es malade et je te parle encore de moi. Mais à qui pourrais-je donc le dire ? Tu es la seule qui sache m’apaiser depuis 30 ans. Donne moi juste un peu de temps, encore.

Ma réponse aux 10 voeux pieux pour la Journée de la Femme de Florence Porcel

mars 8, 2012 Sur le vif 1 Commentaire
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Je voulais aujourd’hui vous parler de ma grand-mère. Qui mieux qu’une personne de 83 ans (je m’en tiens à la France) peut illustrer cette journée des droits de la Femme, surtout lorsqu’elle s’est battue tout au long de sa vie aux côtés des féministes pour assurer aux générations futures plus de libertés, de droits et d’égalité des chances.
Pour rappel, quelques chiffres repris hier par @Mipmip :

  • Les femmes mariées peuvent adhérer à un syndicat sans l’autorisation de leur mari depuis 92 ans
  • Les femmes mariées peuvent obtenir un passeport sans l’autorisation de leur mari depuis 75 ans
  • Les femmes mariées peuvent ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari depuis 70 ans
  • Les femmes peuvent voter depuis 68 ans
  • Les femmes mariées peuvent travailler sans l’autorisation de leur mari depuis 47 ans
  • Les femmes peuvent disposer de leur corps depuis 45 ans
  • Les femmes peuvent choisir de faire un enfant quand elles le souhaitent depuis 37 ans
  • Les femmes mariées peuvent gérer les biens communs du foyer à égalité avec leur époux depuis 27 ans

Le droit des femmes (en France) a donc bien progressé, mais il reste beaucoup à faire.

Puis, je suis tombée sur le billet de Florence Porcel, ses 10 voeux pieux pour la journée de la Femme. Un billet amusant, bien pensé aussi, mais qui participe inconsciemment, à maintenir la femme dans une position inconfortable, un rôle de femme faussement libérée mais finalement, pas du tout décomplexée.

Voyez plutôt :

1er voeu pieu de Florence :

Je voudrais que ce genre de Journée n’existe plus parce que les mentalités auront changé, parce que la misogynie de nos sociétés aura disparu, parce que les écarts de salaire entre les hommes et les femmes ne seront plus qu’un mauvais souvenir, parce qu’on pourra s’habiller comme on voudra et avorter quand on le voudra sans nous culpabiliser, parce que toutes les femmes du monde pourront voter, circuler, s’exprimer et être libres, etc etc.
(Et je voudrais également que les guerres cessent TOUSSUITE et adopter un petit chaton extraterrestre, aussi, oui oui.)

Mille fois d’accord avec toi sur ce point, avec un bémol sur le chaton extraterrestre, mais admettons.

2nd voeu pieu de Florence :

Je voudrais que ELLE cesse de se revendiquer comme magazine féministe ou bien change radicalement de ligne éditoriale. Parce que dans le genre clichés et stéréotypes, ça se pose là : des polémiques à répétition concernant le poids et les courbes de ces dames, de la mode à toutes les pages (sans déconner, à part les professionnels qui gravitent autour de ce milieu, ça intéresse qui ?)

Bah moi… Et pas qu’un peu ! Juste parce que j’adore la mode, découvrir les tendances, les nouveautés. Pouvoir se parer de mille tenues, accessoires, et make-up est aussi une chance que les hommes n’ont pas. Choisir entre une robe, une jupe, des talons, des bottes, des ballerines pour faire exister notre féminité !
De plus en plus d’hommes en envient, et il en est pour preuve la multiplication des gammes de cosmétiques dédiées à ses messieurs.

des horoscopes à n’en plus finir,

Moi toujours… Étant donné que mon voyant ne voit pas plus loin que le fond de ses verres de contact ! Mais c’est un autre débat. Et les hommes comme les femmes ont dans leur magazine droit à leur horoscope. Cf : GQ, Men’s Health. Plus qu’un divertissement, l’horoscope est une institution que l’on retrouve d’ailleurs dans les journaux TV, et les quotidiens. Rien de dramatique en soi, au même titre que les éphémérides.

des « Spécial régime » en veux-tu en voilà,

Toujours intéressée car embêtée par mes kilos en trop ! Choper quelques astuces pour une meilleure alimentation, où est le mal ? Ce n’est pas Elle qui me dit combien je dois peser. Et si la tendance est à la minceur, elle l’est également pour les hommes qui doivent combattre leur petite bouée naissante. Ils trouveront des conseils dans Men health. Pourquoi serions nous les seules à bénéficier de conseils pour être mieux dans notre peau ? Partageons.

Des conseils pour être belle pour séduire Jules On a toutes et tous  (et Juliette, elle peut crever ?)

Non, Jules trouvera également de quoi séduire Juliette dans son hebdo.

et les dernières techniques pour faire son brushing en 5 minutes top chrono le matin. 

Mine de rien, hyper pratiques leurs conseils. J’ai appris dernièrement que je faisais justement très mal mon brushing, que j’utilisais mon sèche-cheveux beaucoup trop chaud, et que c’était cela qui rendait mon cheveu pauvre. Oui, Madame.

 

 

Conclusion de Florence : 

Voyez ? Je n’invente rien. Anorexique à moitié à poil en couv, mode, leçon de brushing, mode, t’es une meuf donc t’es FORCEMENT en (it-)couple, mode, etc…

 

Résumons donc : ce magazine féministe revendique donc le « Sois belle et ta gueule, et pis achète-moi pour que je puisse vendre des pages de pub où une fille anorexique à poil vante une marque de montre de luxe derrière un encart sur les femmes sénégalaises qui luttent pour avoir de l’eau potable et ne pas finir comme esclaves sexuelles ».

 

 

 

Ma conclusion :

Voyez ? Je n’invente rien. Objectif Forme : 10 exercices pour un ventre plat, Futur Papa, votre guide, 5 bons plans pour réussir votre Saint-Valentin, un spécial nutrition, etc….

 

Résumons donc : Ce magazine masculin revendique le sois beau et musclé, et puis achète moi que je puisse vendre des pages de pub où Jude Law pose pour Dior Homme, ou tu verras des montres que tu ne pourras jamais t’offrir derrière un encart sur un reportage de guerre… Ah non, même pas. Men’s se contente de dire « Sois beau et tais-toi »

 

Il faudrait prendre le temps de se replonger dans la presse féminine, parce que tous les clichés cités ci dessus me paraissent obsolètes, mais surtout, que nos amis les hommes ont leurs propres journaux, et que c’est une chose qu’ils ont attendu longtemps. Un peu d’égalité dans la presse de détente, dans la mode, enfin. Les femmes n’ont pas le monopole des psycho-tests et des recettes de cuisine. Les temps changent. Tant mieux.

3ème voeu pieu de Florence :

Je voudrais que certains mouvements et associations de féministes se détendent un peu du string, réhabilitent le sens de l’humour et l’auto-dérision. Parce que je veux pas cafter, mais elles desservent souvent leurs causes (et ça me fait chier). Alors voilà, amies Chiennes de Garde, OUI il est possible d’écrire ce genre de pamphlet contre les dérives de notre société actuelle tout en se pavanant en mini-short en cuir comme offrande sexuelle pour de rire.

Mais tellement, tellement d’accord avec toi !  Et qu’elles gardent leur énergie pour mener de vraies combats. J’en parle ici d’ailleurs.

4ème voeu pieu de Florence :

Je voudrais que l’égalité en matière de vie sexuelle soit enfin respectée. Qu’on arrête de traiter une femme d’un méprisant « salope » et  qualifier un mec d’un affectueux « coureur de jupons » à comportement égal. Merci. Bisou.

Aujourd’hui, on parle davantage de Toy boys et de femmes indépendantes que de salopes et de Don Juan. C’est So 2000 comme réflexion, il suffit de regarder les pubs. Si tu es en accord avec ta sexualité, les autres le seront aussi.

5ème  voeu pieu de Florence :

Je voudrais imposer aux mecs un toucher rectal annuel pour qu’ils sachent bien quel effet ça fait d’être à la merci d’autrui en ce qui concerne son intégrité physique.
Oh, et tant qu’on y est, une épilation intégrale (et je ne parle pas que du maillot, hein) une fois par an aussi pour qu’ils sentent bien passer dans tout leur corps ce qu’on subit plus souvent qu’à notre tour.

Se raser la barbe tous les jours n’est pas une partie de plaisir non plus. Quant à l’épilation, de plus d’hommes s’y mettent, surtout au niveau du maillot, du dos et du torse. Pour preuve, il existe même un site dédié à l’épilation masculine, et selon l’ipsos, l’épilation homme est une pratique qui concernerait de plus en plus les hommes: deux tiers des hommes affirment que si leur compagne rejetait le fait qu’ils soient trop poilus, ils épileraient un peu le torse ou le dos « certainement » pour 37% d’entre eux ou « probablement » pour 31% d’entre eux. Il faut toutefois noter qu’une certaine catégorie des hommes en particulier les plus jeunes accepteraient volontiers de s’épiler pour 82% d’entre eux et que 46% le feraient certainement. Après à toi de gérer ta pilosité comme tu le souhaites, et libre à toi de ne pas te plier aux standards de la mode si tu ne le veux pas. Tu es une femme libre, non ?
Quant au touché rectal, ils sont pourtant de plus en plus nombreux à le réclamer depuis qu’ils ont découvert leur point P.

6ème  voeu pieu de Florence :

Je voudrais que le mot « célibataire » arrête d’être connoté pour les femmes de « cherche Prince Charmant viiiiite ».

Parce qu’on peut être célibataire, ne vouloir personne dans sa vie, être très heureuse comme ça et s’y épanouir. Donc, monsieur (forcément) des agences de voyage, de com’, ou de je ne sais quoi encore, arrête de proposer des trucs « pour célibataires » et de me faire des fausses joies à chaque fois parce que tu impliques systématiquement dans ce mot « donc on va t’aider, pauvre petite, à trouver un mec et être enfin complète et comblée ».

Si tu fais un truc pour célibataires, ben organise quelque chose qui ait de la gueule. Genre on nous laisse tranquille, chiards interdits, et si j’ai envie de m’envoyer mon voisin de transat, ben j’ai pas besoin que tu m’organises des ateliers à la con pour qu’on puisse conclure. Je suis une grande fille, merci bien, et je veux surtout pas me le coltiner jusqu’à la fin de mes jours.


Pour résumer : femme célibataire N’EST PAS SYNONYME DE femme romantique désespérée qui cherche quelqu’un. Pour résumer :
Ouais, non mais… laissez tomber. Je crois qu’on va pas y arriver. Faut trouver un autre mot.

Je peux comprendre ton voeu. Il est vrai que l’on a dans notre culture cette idée bien ancrée que la femme est à la recherche d’un Prince charmant. Héritage des contes qui ont bercé notre enfance. Ce qui est moins mis en lumière, c’est le nombre d’hommes qui sont à la recherche d’une « Princesse charmante » eux aussi. Et détrompe toi, mais les hommes se retrouvent eux aussi avec les mêmes offres d’agences de voyage. C’est du combat du choix du célibat que tu dénonces, et non celui de la femme vs l’homme.

7ème  voeu pieu de Florence :

Je voudrais qu’on arrête de nous prendre pour des gamines de 8 ans quand on dit que tomber amoureuse ne nous intéresse pas et/ou que vivre en couple n’est pas fait pour nous et/ou qu’avoir des enfants n’est pas envisageable (du tout, genre jamais). On prend au sérieux et on respecte un mec qui tient ce discours, alors en quoi serait-ce différent si c’est une femme ?
Je pense pour ma part qu’il est aussi dommage pour un homme que pour une femme de moins de 30 ans de tenir des discours si figés, parce qu’on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Et je regarde de la même

Surtout quand la femme en question n’a plus 8 ans depuis une bonne vingtaine d’années, qu’elle se connaît, qu’elle est parfaitement à même de faire des choix qui la concernent, qu’elle est libre de faire ce qu’elle veut de sa vie et que, stop, oubliez tout ça, elle n’a pas besoin de se justifier, en fait. (Et ce besoin de se justifier met Tu respectes et c’est marre. Et tu gardes ton ton paternaliste (vaut aussi pour les meufs) pour toi, ça lui fera des vacances.

Et c’est là que j’ai envie de te dire : « Oh honey, tu verras comme la vie réserve bien des surprises » avec un sourire maternelle scotché sur mes lèvres. Parce que personne n’est à l’abri d’aimer, de plus aimer, de vouloir un jour un enfant. Se contenter de savoir qui l’on est (à peu près) à l’instant vécu est déjà une grande force. Quant à l’avenir, regarde ce que te dit ton horoscope, on ne sait jamais ;)

Et le premier (ou la première) qui lui parle de son horloge biologique (qui existe autant que l’instinct maternel, la preuve), je viens cordialement lui défoncer ses outils de mastication avec de vieilles tatanes qui puent.

La différence notoire entre les hommes et les femmes, c’est évidemment que nous pouvons difficilement faire des enfants passé un certain âge. Une injustice naturelle propre à la femme, qui lui colle une pression supplémentaire. Mais ça, nos pauvres amis les hommes n’y peuvent rien.

(Oh, et pendant qu’on y est, j’aimerais que les jeunes mères arrêtent de nous parler du dernier popo de leur chiard sur Facebook : ON S’EN FOUT et ça ne nous aide pas à faire avancer notre cause, hein, merci bien.)

Comme on peut se foutre des photos d’une working girl célibataire qui nous twitpic son beau fauteuil de business class pendant son vol from SF… Et puisque ces femmes sont tes amies, quoiqu’elles postent ou disent, c’est leur épanouissement qui compte, célibattante ou mère pondeuse, non ?

8ème  voeu pieu de Florence :

J’aimerais que les livres pour enfants, les dessins animés, les publicités, les jouets et le marketing en général arrêtent de véhiculer sans cesse des stéréotypes et clichés grotesques et d’une autre époque. Qu’ils arrêtent de tout sexualiser et genrer. Cela vaut évidemment pour les petites filles comme pour les petits garçons.

Pas d’avis précis sur ce point, si ce n’est que les toupies Beyblade sont un cauchemar quelque soit le genre du mouflet qui s’en empare

9ème  voeu pieu de Florence

Je voudrais un monde plus juste et plus équilibré sur cette question du genre. Il y a toutes sortes de femmes, et chacune d’entre elle mérite d’être appelée une femme, à part entière, quand bien même elle serait née homme, elle ne serait pas mère, elle serait chauffeur routier, ou amputée de ses attributs féminins après un cancer.

Parfaitement d’accord avec toi. Rien à ajouter

10ème  voeu pieu de Florence

La première exoplanète qui passe, j’y fonde une société où les hommes auront juste le droit de fermer leur gueule le temps de rééquilibrer le karma de tous ces millénaires passés à considérer les femmes comme inférieures. Une société où on n’aura plus peur de prendre un RER après la tombée de la nuit, aussi. Une société où, si un viol était commis, on ne penserait même pas à se taire. Etc etc etc. Ouais mais non, en fait. Au fond, je n’ai pas du tout envie de traiter les hommes comme les femmes ont été – et sont toujours selon les causes et les pays – traitées. Et je l’aime bien, la Terre, et si je ne suis pas sûre qu’Elle soit récupérable avec nos conneries, je garde encore l’espoir que notre société française s’améliore.

Mais c’est pas gagné, la preuve en est de cette illustration où la femme… est à poil. Hey, pourton.info, tu te fous de la gueule de qui exactement  ?

Pourquoi est-elle à poil ? EST-CE QUE QUELQU’UN PEUT M’EXPLIQUER POURQUOI ELLE EST DESSINEE A POIL ??

Tu l’aurais habillée comment toi ? Honnêtement ? Il est pudique ce dessin. Et c’est tellement beau le corps d’une femme, comparé à un corps d’hommes. Les courbes, les rondeurs, les formes…

Alors pour la Journée de la Femme, messieurs, c’est à vous de jouer. Ce sont vos mentalités qu’il faut changer, pour qu’enfin ce genre d’opération de matraquage qui soûle tout le monde (moi la première) n’ait plus lieu d’être.

Bien sûr que les mentalités des hommes doivent changer, mais aussi celles des femmes. Ne sois pas si revendicatrice, c’est une forme de justification que tu offres sur un plateau d’argent aux autres. Si tu te contentes de vivre en accord avec toi, et que tu assumes pleinement ton mode de vie, personne ne te percevra autrement que comme une femme épanouie.

Et surtout, ne perdons pas de vue les vraies inégalités qui persistent, en France : (toujours via @mipmip)

  • Les femmes gagnent 10% de moins que les hommes, à poste et expérience équivalents
  • Les femmes (les mineures, les femmes les plus pauvres) n’ont pas un accès aisé à la contraception et à l’IVG
  • Les femmes sont majoritaires parmi les personnes à temps partiel (80%)
  • Les femmes sont les premières victimes des violences physiques (le plus souvent de la part de leur conjoint)
  • Les femmes prennent plus en charge les tâches ménagères que les hommes (4h contre 2h30 pour les hommes)
  • Les femmes sont particulièrement sous représentées en politique : seulement 20% des parlementaires sont des femmes
  • Les femmes se heurtent au fameux plafond de verre dans l’entreprise : elles représentent 30% des cadres mais occupent seulement 11% des postes de direction générale.

Where the fuck is la Saint Valentin de mes 15 ans ?

février 14, 2012 Sur le vif 0 Commentaire
Nuage de mots amour en forme de coeur

La Saint-Valentin, c’est un peu comme les anniv’, Noël et le jour de l’an, plus on vieillit moins, on s’y intéresse.
Elle était pourtant bien cette époque pleine de naïveté adolescente où l’on attendait avec impatience d’offrir le cadeau qui nous avait couté 100 francs (un bras) à notre amoureux. C’est qu’on savait célébrer quand on avait 15 ans ! On se creusait les méninges pour le surprendre, l’étonner, le faire rêver, notre idiot acnéique pré-pubère. Et si on était fauchée, on se rabattait sur le home made. On bricolait, on dessinait, on collait, on s’appliquait.

Et surtout, on avait pas peur des grands mots. Non. On citait dans nos poèmes enflammés, tour à tour Baudelaire et Cobain (parfois même, les deux, dans une seule phrase.)

On n’hésitait pas à comparer notre amourette juvénile à l’histoire de Sand et Musset…
Oui,  parce nous, nous savions déjà tout de l’amour. Nous, on aimait fort. Vraiment fort.

Nos poèmes étaient légèrement embrumés, comme notre esprit par ce petit joint que l’on fumait à la sortie du Lycée. Car derrière  cette apparente insouciance, on était quand même un peu désillusionnés; Tout d’abord, parce que « Grunge is Dead », mais aussi, parce qu’on ne voulait pas ressembler à nos parents, ces vieux couples, au mieux usés, quand ils n’étaient pas divorcés.
Nous, on était amoureux, désillusionnés, oui, mais Amoureux. Et autant que ça se sache !

Puis, de nouvel amour en nouvel amour, sans que l’on ne s’en rende vraiment compte, nos poèmes, comme nos colliers de nouilles, ont laissé place aux restaus, aux spectacles, à la dernière montre Starck. Plus de poètes maudits, nous sommes devenus des consommateurs pressés. Aller au plus rapide, à l’efficace. La Saint-Valentin ? Check !

Avant d’en arriver là, il y en a pourtant eu quelques jolies tentatives. Comme la fois où l’on a pris trois heures de cours dans une école de strip près de la Bastille, après avoir fait des folies chez Chantal Thomass, et qu’on a gentiment exécuté notre petite choré mille fois répétée, devant l’amoureux hébété.
On avait 18 ans, on était belle, folle d’amour, et espiègle.

A 20 ans, il y a eu ce diner à La Closerie des Lilas. Toujours amoureuse (mais d’un autre), on était fière de ce diner d’amoureux presque matures, de cette Saint-valentin comme les grands. Indépendance mon amour… Et pourtant, nous recommençions déjà à imiter nos parents.

Heureusement, devenir un adulte accompli n’est pas chose facile ; Et c’est ainsi que l’année suivante, décidée à jouer les cordons bleus, on était du supermaché avec un homard pour régaler le nouvel élu. Bien entendu,  la bête ne rentrait dans aucune de nos casseroles estudiantines, et incapable de le découper vivant pour le faire tenir dans l’une d’elles, encore moins capable de l’assommer, le malheureux crustacé avait fini dans la baignoire. On avait bien pensé le rapporter au poissonnier le lendemain, ne sachant pas quoi en faire, mais il est mort pendant la nuit.

Après, il a eu les autres Saint-Valentin, celles avec des bagues, des hommes à genoux (pas moins de trois), des demandes en mariages, et des « Oui » tellement sincères à chaque fois… avec le cœur qui manque de lâcher. Puis finalement, des disputes, des séparations, et pas de mariage. Aucun. Une bague reprise, une bague rendue et une autre perdue.

Elle est où la Saint-Valentin de nos 15 ans ? Celle où l’on s’est vue offrir ce petit pendentif cœur (qui-se-sépare-en-deux-et-qu’on-en-garde-chacun-un-bout), cette Saint-Valentin pleine de projets et d’espérance… Celle où tout était possible ?

Mais pourquoi je bosse dans ce putain de milieu de la pub et du web ?

janvier 14, 2012 Sur le vif 1 Commentaire
lol1

Fille d’antiquaire, je n’aime que les vieilles choses… Les films d’Audiard, les chansons de Brassens, et le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain. C’était des signes, et Pourtant…

Le web social, quelle belle invention. L’échange, la fédération, l’enrichissement collectif. Sortir de sa coquille et de son isolement pour partager, et grandir ensemble. Sexy dans l’idée ; Sauf que la culture web est la plupart du temps à chier… Pourquoi a t-on définit le point godwin ? Pourquoi n’a t-on jamais entendu parler d’un point Mère Thérésa ? Pourquoi sur ce média, sous couvert de créativité libérée, les gens deviennent souvent médiocres et sombres ? Est ce la nature humaine qui, finalement et définitivement pourrie, vient de trouver sur la toile une nouvelle terre d’asile ?

On oublie les codes de la société, les codes de bienséances que l’on a mis des siècles à introduire dans les comportements et dans l’éducation. On fait un cruel retour au moyen-âge, où l’on venait jouir de mises à mort. On se retrouve malgré nous dans les gradins d’arènes à regarder des cyber-hommes s’entretuer à coup de tweets ou de vidéos virales dégradantes. 4Chan, le LOL, les même, les lolcats, les Anonymous… Sont autant de termes chargés de faire sauter les gardes fous. C’est l’humour immédiat qu’ils revendiquent ? Celui qui s’adressent à l’animal plutôt qu’à l’humain à la tête bien faite  Ajouter la culture web au milieu de la com, et vous trouverez (chose étonnante) un charme fou aux pubards des années 80. Les marketeux, les social machins sont tellement sans surprise, derrière leurs postes aux titres aussi inbitables que pompeux… Mais se voulant trendy. Une génération de modeux, usante et formatée… Tellement modeux, et tellement formatés. Un verre avec un planner d’une agence branchouille hier…  Et il m’a bien fallu un Lexomil et 2 Fantomas pour me remettre. J’aimerais que les gens me surprennent, qu’ils soient ringards et naïfs, qu’ils sortent de ces contenus aussi faciles que vulgaires, qu’ils prennent le risque d’aller à contre courant, juste une fois.

Bovarysme

novembre 8, 2011 Sur le vif 0 Commentaire
bovary

Elle était assise sur un banc, dans le petit square qui faisait face à leur immeuble, quand il la rejoignit. Il savait parfaitement pourquoi elle était sortie…
Un coup de fil à passer à un autre. Pourtant, lorsqu’il aperçut ses yeux plein de larmes, il ne put s’empêcher de lui essuyer délicatement les joues avant de déposer un baiser sur son front et de la prendre dans ses bras. Il était descendu, inquiet de ne plus la voir à travers la fenêtre. Il voulait s’assurer qu’elle allait bien, la réconforter, et elle, elle se détestait de ne pouvoir mieux dissimuler son chagrin. Mais non, elle n’allait pas bien. Elle releva la tête pour tenter d’affronter le regard de celui qu’elle venait de trahir. « C’est normal que l’on ne m’aime pas de toute façon, je suis folle. Qui voudrait tomber amoureux d’une folle… ? »

Il lui serra la main, fermement, et lui répondit avec l’autorité dont il savait faire preuve dans ces moments : « Non, tu n’es pas folle mon amour. Tout s’arrangera tu verras. Moi, je suis fou amoureux de toi, et crois le ou non, mais rien n’est plus facile que de t’aimer. » Des mots doux qu’elle recevait comme des coups de poignards, comme la pire des punitions, comme un violent écho au mal qu’elle pouvait lui faire. Ses larmes ne cessaient de couler. Des larmes de tristesse, de colère aussi, contre celui qui l’avait blessée, mais surtout contre elle, sa naïveté, et sa bêtise.

Une Emma Bovary habillée en loques errant dans ce quartier qui était devenu sa prison, une idiote qui avait cru aux paroles d’un autre, une sotte qui pleurait sur l’épaule de son compagnon, la trahison d’un autre. Une salope, une garce, une écervelée prostrée sur un quai de gare, qui s’étourdissait du va-et-vient des gens, de la vie des gens, un temps… Jusqu’au moment où lassés d’attendre avec elle un train qui n’arrive pas, les autres finissaient toujours par disparaître.

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Elikxir@Elikxir, c’est Clhoé. Une nana plein d’entrain et d’idées. Elle a vécu 5 ans à Montréal et 2 ans à Dubaï. Fraichement revenue à Paris, elle a 1000 projets. Sa spécialité sur twitter, ce sont les #InfosInutiles et la #WoupWoup attitude. Douée pour les hiQ, elle vous balancera chaque matin une pensée positive pour la journée. Du bonheur en tweets à follower d’urgence. Surtout que vous risquez de la croiser à presque tous les events parisiens. Bientôt avec moi sur @DigitalComptoir

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