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Where the fuck is la Saint Valentin de mes 15 ans ?

février 14, 2012 Sur le vif 0 Commentaire
Nuage de mots amour en forme de coeur

La Saint-Valentin, c’est un peu comme les anniv’, Noël et le jour de l’an, plus on vieillit moins, on s’y intéresse.
Elle était pourtant bien cette époque pleine de naïveté adolescente où l’on attendait avec impatience d’offrir le cadeau qui nous avait couté 100 francs (un bras) à notre amoureux. C’est qu’on savait célébrer quand on avait 15 ans ! On se creusait les méninges pour le surprendre, l’étonner, le faire rêver, notre idiot acnéique pré-pubère. Et si on était fauchée, on se rabattait sur le home made. On bricolait, on dessinait, on collait, on s’appliquait.

Et surtout, on avait pas peur des grands mots. Non. On citait dans nos poèmes enflammés, tour à tour Baudelaire et Cobain (parfois même, les deux, dans une seule phrase.)

On n’hésitait pas à comparer notre amourette juvénile à l’histoire de Sand et Musset…
Oui,  parce nous, nous savions déjà tout de l’amour. Nous, on aimait fort. Vraiment fort.

Nos poèmes étaient légèrement embrumés, comme notre esprit par ce petit joint que l’on fumait à la sortie du Lycée. Car derrière  cette apparente insouciance, on était quand même un peu désillusionnés; Tout d’abord, parce que « Grunge is Dead », mais aussi, parce qu’on ne voulait pas ressembler à nos parents, ces vieux couples, au mieux usés, quand ils n’étaient pas divorcés.
Nous, on était amoureux, désillusionnés, oui, mais Amoureux. Et autant que ça se sache !

Puis, de nouvel amour en nouvel amour, sans que l’on ne s’en rende vraiment compte, nos poèmes, comme nos colliers de nouilles, ont laissé place aux restaus, aux spectacles, à la dernière montre Starck. Plus de poètes maudits, nous sommes devenus des consommateurs pressés. Aller au plus rapide, à l’efficace. La Saint-Valentin ? Check !

Avant d’en arriver là, il y en a pourtant eu quelques jolies tentatives. Comme la fois où l’on a pris trois heures de cours dans une école de strip près de la Bastille, après avoir fait des folies chez Chantal Thomass, et qu’on a gentiment exécuté notre petite choré mille fois répétée, devant l’amoureux hébété.
On avait 18 ans, on était belle, folle d’amour, et espiègle.

A 20 ans, il y a eu ce diner à La Closerie des Lilas. Toujours amoureuse (mais d’un autre), on était fière de ce diner d’amoureux presque matures, de cette Saint-valentin comme les grands. Indépendance mon amour… Et pourtant, nous recommençions déjà à imiter nos parents.

Heureusement, devenir un adulte accompli n’est pas chose facile ; Et c’est ainsi que l’année suivante, décidée à jouer les cordons bleus, on était du supermaché avec un homard pour régaler le nouvel élu. Bien entendu,  la bête ne rentrait dans aucune de nos casseroles estudiantines, et incapable de le découper vivant pour le faire tenir dans l’une d’elles, encore moins capable de l’assommer, le malheureux crustacé avait fini dans la baignoire. On avait bien pensé le rapporter au poissonnier le lendemain, ne sachant pas quoi en faire, mais il est mort pendant la nuit.

Après, il a eu les autres Saint-Valentin, celles avec des bagues, des hommes à genoux (pas moins de trois), des demandes en mariages, et des « Oui » tellement sincères à chaque fois… avec le cœur qui manque de lâcher. Puis finalement, des disputes, des séparations, et pas de mariage. Aucun. Une bague reprise, une bague rendue et une autre perdue.

Elle est où la Saint-Valentin de nos 15 ans ? Celle où l’on s’est vue offrir ce petit pendentif cœur (qui-se-sépare-en-deux-et-qu’on-en-garde-chacun-un-bout), cette Saint-Valentin pleine de projets et d’espérance… Celle où tout était possible ?

Mais pourquoi je bosse dans ce putain de milieu de la pub et du web ?

janvier 14, 2012 Sur le vif 1 Commentaire
lol1

Fille d’antiquaire, je n’aime que les vieilles choses… Les films d’Audiard, les chansons de Brassens, et le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain. C’était des signes, et Pourtant…

Le web social, quelle belle invention. L’échange, la fédération, l’enrichissement collectif. Sortir de sa coquille et de son isolement pour partager, et grandir ensemble. Sexy dans l’idée ; Sauf que la culture web est la plupart du temps à chier… Pourquoi a t-on définit le point godwin ? Pourquoi n’a t-on jamais entendu parler d’un point Mère Thérésa ? Pourquoi sur ce média, sous couvert de créativité libérée, les gens deviennent souvent médiocres et sombres ? Est ce la nature humaine qui, finalement et définitivement pourrie, vient de trouver sur la toile une nouvelle terre d’asile ?

On oublie les codes de la société, les codes de bienséances que l’on a mis des siècles à introduire dans les comportements et dans l’éducation. On fait un cruel retour au moyen-âge, où l’on venait jouir de mises à mort. On se retrouve malgré nous dans les gradins d’arènes à regarder des cyber-hommes s’entretuer à coup de tweets ou de vidéos virales dégradantes. 4Chan, le LOL, les même, les lolcats, les Anonymous… Sont autant de termes chargés de faire sauter les gardes fous. C’est l’humour immédiat qu’ils revendiquent ? Celui qui s’adressent à l’animal plutôt qu’à l’humain à la tête bien faite  Ajouter la culture web au milieu de la com, et vous trouverez (chose étonnante) un charme fou aux pubards des années 80. Les marketeux, les social machins sont tellement sans surprise, derrière leurs postes aux titres aussi inbitables que pompeux… Mais se voulant trendy. Une génération de modeux, usante et formatée… Tellement modeux, et tellement formatés. Un verre avec un planner d’une agence branchouille hier…  Et il m’a bien fallu un Lexomil et 2 Fantomas pour me remettre. J’aimerais que les gens me surprennent, qu’ils soient ringards et naïfs, qu’ils sortent de ces contenus aussi faciles que vulgaires, qu’ils prennent le risque d’aller à contre courant, juste une fois.

Bovarysme

novembre 8, 2011 Sur le vif 0 Commentaire
bovary

Elle était assise sur un banc, dans le petit square qui faisait face à leur immeuble, quand il la rejoignit. Il savait parfaitement pourquoi elle était sortie…
Un coup de fil à passer à un autre. Pourtant, lorsqu’il aperçut ses yeux plein de larmes, il ne put s’empêcher de lui essuyer délicatement les joues avant de déposer un baiser sur son front et de la prendre dans ses bras. Il était descendu, inquiet de ne plus la voir à travers la fenêtre. Il voulait s’assurer qu’elle allait bien, la réconforter, et elle, elle se détestait de ne pouvoir mieux dissimuler son chagrin. Mais non, elle n’allait pas bien. Elle releva la tête pour tenter d’affronter le regard de celui qu’elle venait de trahir. « C’est normal que l’on ne m’aime pas de toute façon, je suis folle. Qui voudrait tomber amoureux d’une folle… ? »

Il lui serra la main, fermement, et lui répondit avec l’autorité dont il savait faire preuve dans ces moments : « Non, tu n’es pas folle mon amour. Tout s’arrangera tu verras. Moi, je suis fou amoureux de toi, et crois le ou non, mais rien n’est plus facile que de t’aimer. » Des mots doux qu’elle recevait comme des coups de poignards, comme la pire des punitions, comme un violent écho au mal qu’elle pouvait lui faire. Ses larmes ne cessaient de couler. Des larmes de tristesse, de colère aussi, contre celui qui l’avait blessée, mais surtout contre elle, sa naïveté, et sa bêtise.

Une Emma Bovary habillée en loques errant dans ce quartier qui était devenu sa prison, une idiote qui avait cru aux paroles d’un autre, une sotte qui pleurait sur l’épaule de son compagnon, la trahison d’un autre. Une salope, une garce, une écervelée prostrée sur un quai de gare, qui s’étourdissait du va-et-vient des gens, de la vie des gens, un temps… Jusqu’au moment où lassés d’attendre avec elle un train qui n’arrive pas, les autres finissaient toujours par disparaître.

La Chute

novembre 1, 2011 WTF 0 Commentaire
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Victoire repense au message qu’elle lui avait laissé la veille : « Coucou c’est moi, je pense que tu es en cours. Je voulais juste te dire bonne année. Que tu sois heureux et que tous tes rêves se réalisent…Et surtout prends soin de toi. ».

Prends soin de toi… Quelle intelligente recommandation !

Si elle avait ajouté qu’elle l’aimait, qu’elle l’adorait, qu’elle l’aimait comme une mère, comme une sœur, et plus que tout comme une âme sœur. Mais l’a-t-il au moins écouté ce message envoyé dans l’après-midi, ou bien la mise à mort avait-elle déjà commencé ? Comment aurait-elle pu le sauver ? comment aurait-elle pu se sauver aussi ?

“Ô jeune fille, jette-toi encore dans l’eau pour que j’aie une seconde fois la chance de nous sauver tous les deux ! Une seconde fois, hein, quelle imprudence !

Supposez qu’on la prenne au mot ? Il faudrait s’exécuter.
Arrgh…! Son école est loin, bien trop loin pour elle.

Je suis seule dans ma voiture.

Le verdict vient de tomber, il est mort. Laurent est mort, décédé, parti, dead, disparu. Je répète cela dans ma tête comme pour me mettre des gifles. Tu entends, tu as compris ? Il est mort, mort, mort. Tu ne le verras plus jamais, tu ne l’entendras plus jamais, tu ne le toucheras plus jamais. Mais merde, réagis ! Tu es seule, tu es toute seule ! il est crevé, il s’est foutu en l’air, il s’est massacré, il s’est exterminé, il s’est fusillé la gueule…

Je reste calme, étrangement calme… Je n’arrive même pas à pleurer, je n’arrive à rien. Je sens juste qu’au fond de moi, quelque chose est aussi en train de se détruire.

Que vais-je devenir sans toi mon amour. Je suis veuve de toi, je suis amputée de toi, et c’est sans doute ça cette impression de déchirure au fond de moi, une partie de mon âme est partie te rejoindre. Je ne suis plus qu’une coquille vide, à jamais vide. Es-tu bien là où tu es mon ange ? Dois-je te rejoindre, ou veilleras-tu sur moi de là haut ? Tu m’as donné tellement de force… Comment vais-je faire sans toi ? Comment vais-je faire sans ton sourire ? Sans ton regard qui m’encourageait tant, sans le son ta voix qui même de loin me réchauffait le cœur, me réconfortait. Toi, ma hotline, ta façon de répondre, « Oui, c’est Laurent », rien que pour m’entendre râler : « Bah je sais idiot, c’est moi qui t’appelle. » Qui vais-je appeler maintenant ? Tu as un numéro où je peux te joindre là où tu es ? Et quand je serai angoissée… Pourquoi tu m’as fait ça ? Pourquoi tu t’es fait ça ? Pourquoi avais-tu si mal ? Pourquoi ne m’as-tu pas téléphoné pour me dire « tu sais, je vais me tuer, qu’est ce que tu en penses ? » Pourquoi tu n’y croyais plus ? Pourquoi ? pourquoi ?

Tu sais, dans mon message d’hier, j’ai oublié de te dire que je t’aimais. Alors voilà :

Je t’aime

Chez ces gens-là…

octobre 28, 2011 WTF 0 Commentaire
vieille_france_blason

Chez ces gens-là, les demeures sont trop grandes, alors il fait 17°C

On fait des feux de cheminée, parce que le bois coûte moins cher.
Chez ces gens-là, on ne prend pas de bains, mais des douches, parce que les bains sont un luxe.

Et on ne se douche pas tous les jours parce que l’eau, ça coûte trop cher.
Chez ces gens-là, les petites filles portent des robes à smock, mais celles de leurs aînées.

Et on achète peu de vêtements parce que les femmes savent encore coudre, et que c’est moins cher, le tissu.

C’est chez gens-là, on dépense aussi parfois un peu d’argent.
On met ses enfants en pension, à Passy Buzenval, Juilly, ou Daniélou pour les filles.
On le fait sans trop savoir pourquoi. Parce que les parents y sont allés aussi, et que chez ces gens-là, on n’aime pas les révolutions.  Et c’est d’ailleurs pour ça que ces gens-là, on a gardé des gens de maison, Pour être bien sûr que rien ne change.

Chez ces gens-là, les enfants en pension reçoivent une éducation catholique. Ils dessinent sur leurs cahiers d’écoliers des fleurs de Lys, quand d’autres, ceux du public, les voyous, préfèrent y gribouiller des “Peace and Love”. Mais encore une fois, chez ces gens là, on n’aime pas les révolutions.
Alors pour éviter de se confronter à la réalité, à un monde extérieur en pleine mutation, on s’applique à suspendre le temps, on y met toute sa rage.

Dans leurs internats, les enfants de ces gens-là prient beaucoup. Ils prient le matin, ils prient le midi et ils prient le soir, mais surtout, ils s’appliquent dans leurs prières. Et parfois, ils se rendent dans les hôpitaux, et de se menottent aux radiateurs pour manifester contre l’avortement, contre les faiseuses d’anges.

Chez ses gens là, on a aussi plein de cousins, parce que ces gens-là font plein d’enfants. Mais rassurons-nous, les enfants de ces gens-là ne sortent qu’entre eux. Ils sont dans les mêmes écoles, et fréquentent les mêmes rallyes. Du club mickey de Carnac aux Planches de la rue du Colisée, ils ne rencontreront jamais personne d’autre, parce que chez ces gens-là, on ne se mélange pas.

Chez les gens-là, quand les enfants rentrent le week-end, on ne s’embrasse pas parce que c’est vulgaire les démonstrations d’affection. Non, chez ces gens-là, quand les enfants ne sont pas en week-end chez les Scouts, on les emmène à la chasse, parce que ça aussi, ça fait partie des traditions.
Alors, chez ces gens-là, les enfants jouent du fusil dès leur plus jeune âge. Parés de leurs bottes Aigle et de leurs Barbourg qui sentent le cheval, ils  ratissent la campagne. « Perdreaux, perdreaux », crient-ils du côté de la battue.

Du coup, chez ces gens-là, il y a souvent un grand congélateur, rempli de gibier… Du chevreuil, du sanglier, ou de la biche. Et c’est tant mieux, parce que ça coûte un peu cher la viande chez le boucher.
Par contre, en période de chasse, on reçoit du beau monde, des gens de Paris, des politiques, alors, sous son barbour, on porte un cachemire Bompard pour être chic pendant le déjeuner.

Mais surtout, chez ces gens-là, on ne parle pas d’argent, parce que l’argent, c’est vulgaire. Pas de prix à table, c’est la règle. Pourtant, chez ces gens-là, on ne pense qu’à l’argent, à l’héritage. On se bat pour que nos demeures, manoirs, et ruines restent dans la famille.

Chez ces gens-là, on se moque des ploucs, et encore plus des nouveaux riches, parce que les nouveaux riches, ils sont vulgaires. Ils dépensent sans compter l’argent qu’ils ont, par leur propre réussite, gagné. Ils étalent leur SER (signes extérieurs de richesse), et menacent de racheter un jour la propriété familiale, d’y mettre du marbre partout, et de monter le chauffage à 22°C.

Alors, pour éviter que leur petit monde soit trop bousculé, chez ces gens-là, on vote extrême-droite, on est contre l’Europe, pour le retour du Franc, mais aussi pour le retour d’un Roi. Brrr…

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Elikxir@Elikxir, c’est Clhoé. Une nana plein d’entrain et d’idées. Elle a vécu 5 ans à Montréal et 2 ans à Dubaï. Fraichement revenue à Paris, elle a 1000 projets. Sa spécialité sur twitter, ce sont les #InfosInutiles et la #WoupWoup attitude. Douée pour les hiQ, elle vous balancera chaque matin une pensée positive pour la journée. Du bonheur en tweets à follower d’urgence. Surtout que vous risquez de la croiser à presque tous les events parisiens. Bientôt avec moi sur @DigitalComptoir

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