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Coming out: Mon handicap invisible

août 1, 2011 Sur le vif 24 Commentaires
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Je n’espère rien de ce billet, ni qu’il vous intéresse, ni même que vous le compreniez.  Mais il arrive un moment dans la vie où faire son coming out s’impose, un moment où il devient insupportable de devoir sans cesse mentir, ou trouver des subterfuges pour préserver son secret. D’ailleurs, c’est sans doute totalement irresponsable de ma part de vous raconter tout ça… Ça manque de pudeur, de classe, et surtout de bon sens. Combien d’entre vous peuvent être touchés par mes états d’âme (Éric) ? Et combien auront encore envie de travailler avec moi après la lecture de ces lignes, de confier des responsabilités à une toquée, une givrée ? Vous savez, la fille qui remet les paillassons bien droits dans les halls d’immeubles, et celle qui court à n’importe quelle heure du jour et de la nuit pour échapper à ces poussées d’anxiété mal gérées.

Vous êtes  plus de 3000 à me suivre sur Twitter, mais combien d’entre vous m’ont déjà rencontrée ? Vous pensez peut-être que je vous snobe ou que j’habite une île perdue dans le Pacifique ?  Non, rien de tout cela. Je suis là, bien là, juste à l’autre bout de la ligne de métro. Prostrée. Paralysée par la peur de m’éloigner de chez moi, et ce, depuis 5 ans maintenant. 5 ans sans quitter l’ile de France, 5 ans sans voir la mer, et 5 ans pendant lesquels je suis passée à côté de ma vie, et de celles des gens que j’aime. Ça s’appelle l’anxiété généralisée, et croyez moi, ça fait vraiment fuckin’ chier.

Une espèce de boule de dans le ventre qui ressurgit chaque fois que vous ouvrez un œil. Du jogging à excès pour épuiser ce corps terrifié par un mal que l’on ne comprend pas. Une inquiétude permanente, la gorge serrée et les mains moites. Un enfer que je combats tant bien que mal en travaillant sans cesse, en essayant de me noyer dans le boulot, en m’abrutissant de nouveaux projets toujours plus fous les uns que les autres.

Pourtant avant, j’étais normale, comme vous. Il a suffi d’une crise d’angoisse un matin dans le métro pour que ma vie bascule, pour que cette violente anxiété me fasse au fur et à mesure renoncer à l’avion, le train, la voiture, l’éloignement pour finalement me cloîtrer dans 1km2. J’ai longtemps hésité à écrire ce billet, parce que je voulais continuer à donner le change, à vous amuser, à vous promettre de passer à un event, et puis non… Finalement non. Parce que le monde me terrorise, parce que j’ai l’impression que lors de la remise du « Petit guide d’apprentissage de la vie à destination des futurs terriens », on a zappé mon tour. Parce que mes émotions sont vertigineuses et ingérables.

Mais ce handicap fait partie intégrante de moi, rythme ma vie, qu’elle soit personnelle ou professionnelle. D’ailleurs, chaque personne qui a ou travaille avec moi, connait ce secret, et je les remercie de la confiance qu’ils me font (m’ont fait) malgré tout.

Cela doit vous paraître fou je sais, et pourtant 2% de la population en souffre, à différents degrés. Ne plus s’éloigner de chez soi ? C’est nul hein ? Ça paraît débile. C’est une souffrance pourtant bien réelle, liée à l’enfance ou des conneries comme ça. Alors, oui, j’ai vu des psy, oui, j’ai eu des mieux, et toujours je rechute, mais je ne perds pas espoir de me débarrasser un jour de cette phobie qui dirige ma vie.

Quand j’ai lu, il y a quelques jours le billet de Louis Van Proosdij, je me suis trouvée à vomir. Je ne suis pas en fauteuil moi, je suis « valide ». Et pourtant, cet homme a réalisé bien plus de choses que moi, se bat au quotidien et ne lâche rien. Quelle petite gourde égocentrique je fais. Incapable de se bouger les fesses…

Twitter a cet avantage de vous offrir un réseau à domicile. Mais le virtuel a ses limites, et quand je vois chaque jour des conférences auxquelles j’aimerais assister, des apéros twitter où tellement de gens se rencontrent IRL, networkent, échangent, progressent ensemble, et où je ne peux me rendre, je me déteste d’être comme je suis.

Et surtout, je suis fatiguée de devoir trouver des excuses à tout : Non, désolée, mais ce soir, je ne suis pas très en forme, de devoir renoncer à des missions professionnelles faute pour pouvoir m’y rendre, de me priver de vivre au nom de cette stupide terreur qui m’habite

J’imagine très bien ce que vous pensez. Si tu veux y aller, alors, vas-y, prends sur toi. Si seulement.
j’ai l’a candeur de penser que ce billet ne sera pas un suicide social, que chez certains d’entre vous, il n’éveillera pas que mépris et moqueries. Mais si c’est le cas, je ne pourrais en vouloir qu’à moi-même, et j’accepterai votre rejet, en attendant de pouvoir revenir un jour, plus forte et mieux armée, afin d’avoir enfin la chance de vous rencontrer vraiment.

Il y a "24 commentaires" sur ce billet:

  1. Bulles de Flo dit :

    Ni moquerie ni mépris de ma part, juste un beau coup de chapeau pour avoir fait ce « coming out ». Loin d’être une partie de plaisir, cette phobie gâche vraiment l’existence et je te (vous?) dis bravo pour cet article!
    Bon courage!!

  2. fadouce dit :

    Plus proche de sa propre vérité grâce aux mots, plus proche d’un meilleur-être ?
    Et pas de comparaison à faire avec l’un ou l’autre, chacun à un chemin à parcourir, et ce parcours est encore plus enrichissant que la finalité, ou que son but.
    Je te souhaite de tout coeur, de parvenir à résorber, un peu, de cette souffrance.

  3. Fluctu'act dit :

    Moqueries et mépris? Non pas là non. Très grand respect plutôt.

  4. Sma dit :

    Touchant… Bon courage pour la suite

  5. FabEhrhardt dit :

    Il faut bien du courage pour se dévoiler au grand jour comme tu le fais et ça n’éveille en moi aucune moquerie, aucun mépris. Ce premier pas montre ton envie de t’en sortir et j’espère qu’il en appellera d’autres (je n’en doute pas). Bien entendu, je continue à te suivre. Comment faire autrement ? :)
    Je te souhaite plein de bonnes choses pour la suite.
    Mes respects.

  6. grmin dit :

    Je t’estimais déjà beaucoup, je pense que tu le savais déjà. Mais là carrément je t’aime et je te trouve vraiment belle.
    Tu vois moi aussi je fais un (petit (si petit)) coming out

  7. Poupimali dit :

    Chère Virginie,
    Je porte beaucoup d’affection à la femme que tu es car même si je ne sais pas ce que tu vis. Je le comprends et je suis admirative des efforts que tu fais. Et je mesure à quel point cela doit être dure pour toi.
    Les personnes qui considère cela comme un suicide social (d’ailleurs tu vas me faire le plaisir de couper ces mots de ton texte et de ta pensée) n’ont rien compris et ne méritent pas que l’on se penche sur eux pour leur expliquer ce qu’est l’angoisse.
    Un écrivant un tel billet, tu luttes. Et ça mérite toute mon attention et mon admiration.
    (et moi je m’en fiche je sais ou te trouver !)
    Je t’embrasse.
    Poupi

  8. Poupimali dit :

    Et Voila y a des fautes ! Et je ne me suis pas relue !
    Bref.
    Je m’excuse pour les fautes (et j’espère aussi qu’un jour tu seras suffisamment forte pour venir jusque chez moi dans le Périgord !)

  9. Nhetic dit :

    Voilà quelques mois que j’ai découvert ce blog, dont je lis avec assiduité les différents billets.

    Ce billet est touchant, courageux, de dévoiler ainsi sa faiblesse et ça ne peut m’inspirer que le respect d’arriver ainsi à faire le point sur ce qui te mine et d’être parvenu à le coucher par écrit afin de nous le faire partager.

    Petit pas pour avancer qui, je te le souhaite, te permettra d’acquérir cette force dont tu as besoin pour t’épanouir…

  10. paindep dit :

    Je te découvre seulement aujourd’hui, au détour d’un RT.
    Je reste sans voix, profondément touché devant une telle initiative, ému devant un courage que je n’aurai sans doute jamais.
    Je te souhaite bien du courage.
    Au plaisir de te relire.

  11. Amnysphere dit :

    Je découvre ton site seulement aujourd’hui, tout comme ton twitter.
    Simplement et sincèrement ému par ta confession et les efforts que tu dois faire chaque jour qui passe.
    En espérant de tout coeur que ton handicap invisible comme tu dis te laisse un jour en paix ou au moins baisse d’intensité.

    Philippe

  12. Ellen dit :

    Dis toi que peut-être, si tu ne viens pas aux gens, eux peuvent venir à toi… Je t’envoie du presque ciel bleu de Bretagne, un petit vent frais et une grosse bourrasque d’eau de mer…

  13. Laurent Four dit :

    Après t’avoir lu hier j’ai imaginé le moment où tu as commencé à sortir ça de toi. Depuis j’ai pensé à ceux qui t’ont peut-être croisé, jugé, qui ont sans doute essayé de t’aider maladroitement.
    De mon côté j’ai eu la chance de tomber sur des gens qui n’ont pas essayé de me changer, qui m’ont juste pris comme j’étais, m’ont encouragé dans les moments les plus bas sans me rejeter.
    C’est la raison pour laquelle je suis vraiment heureux de lire les commentaires précédents, de gens qui te soutiennent avec leurs mots, sans conseils, sans jugement, juste leur sympathie et l’acceptation de qui tu es à cet instant présent.
    Nous te souhaitons tous de vaincre ton handicap intérieure, toi seule peut y arriver, mais nous pouvons t’envoyer toute l’énergie bienveillante que nous avons, parce que je, et sans me tromper je pense pouvoir dire nous, te prenons tel que tu es, formidable dans tes moments de peine comme dans tes moments de joie.

    Laurent

  14. Folie Privée dit :

    Juste pour faire un bezouxe.
    Et te dire un bien petit « bon courage » à toi.

  15. Sara b dit :

    eh ben nan, Virginie! ……. un coming out émouvant qui va t’attirer encore plus de fans, de groupies, d’amis (you name it!) like me, for instance !
    On a tous des failles, des félures, des incapacités plus ou moins handicapantes, mais peu d’entre nous s’assument pleinement, préférant se planquer derrière un fake « I’m perfect » !
    Tu fais partie de ces êtres, tellement rares dans leur sincérité que tu récoltes forcément tout le respect que ton coming out mérite!
    Allez, haut les coeurs, life is short, let’s face it ! Et comme le dit Ellen, si tu ne peux aller aux autres, ce sont eux qui viendront à toi. bises océanes.
    Sara b

  16. hipparkhos dit :

    Il faut du cran pour écrire un tel billet, non ?

    Est-ce que c’est un courage très différent que celui qui permet de dépasser 1km ? Je le vois comme une étape.

    Bon courage, bonne chance en tout cas.

  17. Flouks_ dit :

    Tu vois Virginie personne n’est ici pour se moquer ou se gausser de cet handicap dont tu oses parler dans ce billet. Tout le monde souligne ton courage et interprète ce post comme un grand pas en avant. Il y en aura d’autres je le sais. J’en suis certain. Comme l’a si bien dit Poupi rejette ces mots de suicide social. Tu as mainte fois prouvé ton audace, ta détermination et même ton culot dans la rédaction de ce blog. La route est longue mais tu es dans la bonne direction. Persévère nous sommes nombreux a t’apprécier et disponibles pr t’accompagner. Je te vois très bientôt. Bisous

  18. La Molte dit :

    Ton courage et ton audace forcent le respect. Très fier de toi sur ce coup là !

  19. ElodieBaker dit :

    Bonjour,

    Je n’avais pas vu votre biller avant aujourd’hui.

    18 commentaires c’est un peu mince, mais ils sont tous encourageants, il y a de quoi positiver !

    En espérant que le temps vous soit bénéfique, bon courage et bonne continuation.

    :)

  20. Bat00 dit :

    J’avais l’image d’une acharnée de travail pleine de gentillesse via twitter et je découvre aujourd’hui une femme qui lutte pour vivre « normalement ». Ton article m’a vraiment touché. Je te souhaites d’avoir la force de dépasser tes peurs!!

  21. Bonjour

    Je vous (te) découvre au hasard d’un lien sur twitter, et je me dis qu’il y a de l’espoir. De l’espoir, et aussi une formidable humanité qui se cache souvent derrière les murs les plus anonymes de notre labyrinthe quotidien.

    Dans ce labyrinthe, justement, on en est tous à jouer des rôles, certains mieux que d’autres, certains sans s’en rendre compte même. Et puis parfois, sans qu’on sache pourquoi (toi, ça a été dans le métro, pourquoi pas…) on reçoit un éclair de réalité en pleine poire, comme une fulgurance, un truc qui pourrait passer pour une illumination divine si ses conséquences n’étaient pas aussi désastreuses en fin de compte. En gros, on devient lucide. Et comme le contrepoids d’une vieille pendule qui a trop longtemps tiré d’un côté, le retour du bâton est violent, excessif, et forcément on morfle. D’ailleurs, plus on a lutté à montrer une face sociale exacerbée et plus l’effet retour en négatif est puissant, au point de réveiller d’affreux monstres qui se tapissaient dans le placard de notre cerveau depuis l’enfance. Et là c’est au choix : névroses, anxiété généralisée, dépression, troubles obsessionnels… chacun y va de son dérèglement perso, histoire de signer à la face du monde son inaptitude toute neuve à continuer à vivre « normalement ».

    Alors parfois, on peut continuer à faire semblant. Mais le plus souvent, non. Par commodité, certains se disent que c’est ainsi et que plus rien ne pourra aller comme avant désormais. Et puis il y a des gens comme toi, qui décident de ne pas se laisser faire. Et qui commencent par en parler, déjà, sans fausse pudeur, ni sentiment de honte et encore moins de volonté d’attendrir le chaland. C’est courageux, très même. D’aucuns diraient suicidaire, mais quand on a l’impression qu’on n’a plus rien à perdre… Les Canadien disent que c’est quand on est au fond du tonneau qu’on peut donner un coup de talon pour remonter.

    Tu as donné un bon coup de talon. Et je ne pense pas que les gens se moqueront de toi ou même prendront peur en imaginant (va savoir !) devenir eux-mêmes « malades » à ton contact. Sache que de toute façon, nombreux sont ceux qui se sont reconnus dans ton témoignage. Pas forcément parce qu’ils ont le même handicap que toi, mais juste parce que, eux aussi, ont une ou plusieurs fêlures qui leur bouffent la vie et dont ils tentent au quotidien de contenir les remugles puants qui s’acharnent à remonter à la surface de leur conscience. Avec ton « coming out », tu t’es sans doute rapprochée de la guérison (ou tout au moins de l’acceptation de ta nouvelle vision des choses) mais tu as sans doute aussi aidé pas mal de ceux qui t’ont lue, en leur montrant qu’ils ne sont pas tout seuls, et qu’ils souffrent déjà suffisamment dans leur coin sans en plus devoir s’en sentir coupable.

    C’est de cet espoir que je voulais parler. Merci de nous rappeler qu’on est tous aussi humainement imparfaits.

    Bruno

  22. Thierry dit :

    C’est très émouvant et j’arrive à te comprendre car l’eloignement d’un endroit ‘sur’ est toujours une bataille! Un peu quand on part dans un pays du tiers monde avec la hantise que tout peut arriver à chaque instant! Cette peur on la porte tous en nous, toi tu as simplement rétréci ton champ d’appréhension, tu n’es pas stupide ou idiote ou je ne sais encore, tu as simplement un peu plus peur de l’inconnu! Acceptes le et je suis sur que mètres après mètres tu guériras ! Xoxo

  23. Bosi Laure dit :

    Bonjour,

    Moi aussi je fais partit des 2% et je suis en train de pleurer en lisant ce que vous venez d’écrire! Je ne vous connait pas, je n’ai encore jamais lu votre blog ni suivi votre Twitter (et quelque chose me dit que ça va changer).
    Je ne sais pas par où commencer mais j’ai envie de vous dire que vous êtes une battante et beaucoup plus forte que vous le croyez .Vous avez un travail visiblement et ça, ça m’impressionne! En vous lisant, je relève beaucoup de points communs entre nous (logique!) : vous ne vous aimez pas, vous culpabilisez, vous souffrez mais vous ne vous donnez pas le droit de le dire et vous vous cachez derrière votre sens de l’humour!
    Toutes ces remarques ne sont évidemment pas des reproches, juste le constat que ce que je trouve flagrant chez vous, je ne le voit pas chez moi et pourtant, ça doit être aussi voyant!
    Désolée, ce post n’a ni queue ni tête et est certainement maladroit mais je suis profondément émue.

    Vous n’êtes pas nulle! Vous avez beaucoup de courage.

    J’espère à bientôt quelque part sur la toile (pour l’instant)!

    Et merci pour ce billet!

  24. Melie dit :

    Bonjour et bravo pour ce billet, ce n’est pas facile de dévoiler un pan de sa vie de ce genre-là, j’en sais quelque chose. J’ai cependant espoir que grâce à des témoignages comme le vôtre, les mentalités évoluent. Bonne continuation dans votre lutte contre l’angoisse, elle n’aura pas notre peau, cette diablesse ! Amicalement.

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Elikxir@Elikxir, c’est Clhoé. Une nana plein d’entrain et d’idées. Elle a vécu 5 ans à Montréal et 2 ans à Dubaï. Fraichement revenue à Paris, elle a 1000 projets. Sa spécialité sur twitter, ce sont les #InfosInutiles et la #WoupWoup attitude. Douée pour les hiQ, elle vous balancera chaque matin une pensée positive pour la journée. Du bonheur en tweets à follower d’urgence. Surtout que vous risquez de la croiser à presque tous les events parisiens. Bientôt avec moi sur @DigitalComptoir