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Quand il vous reste le béguin

octobre 4, 2011 Sur le vif 7 Commentaires
La_boum_01

Pas facile de reprendre l’écriture d’un blog après avoir évoqué l’exécution d’un homme. Tous les sujets semblent dénués de sens, inutiles, futiles.

Pourtant, c’est dans l’ordre des choses. La vie reprend ses droits. Et nos petits problèmes personnels retrouvent rapidement une place de choix dans nos petites têtes d’égocentrés.
Et heureusement.

Magnifique organisation interne qu’est l’instinct de survie.

C’est ainsi qu’après avoir écrit sur la peine capitale, j’écris sur le béguin.
Le béguin, ce sentiment désuet qui participe à nous rendre la vie plus douce, ou plus haletante, ou même plus drôle.

J’ai le béguin, comme on dit, pour un mec de mon bureau.
Un béguin qui ne semble pas réciproque… Mais c’est peut-être ça aussi, qui rend cette amourette charmante.

Régresser mentalement de la moitié de sa vie. Retrouver ses 15 ans et demi, et tout ce qu’ils comportent de bêtise et de naïveté. S’appeler Victoire Bereton et flipper chaque matin juste parce que l’on a « Rien à se mettre ». Être contente le lundi et toute déçue le vendredi, parce que le week-end, « c’est chiant quoi (enfin c’est pas marrant…) »

Réfléchir, réfléchir et réfléchir encore. Se faire jolie, mais pas endimanchée. Coquette, mais pas trop apprêtée. Et surtout, ne pas « avoir l’air de »…  »Ne pas avoir l’air de » consiste à ne pas se faire griller, à garder secret ce petit béguin adolescent. On aurait l’air bien bête si cela venait à se savoir.

D’un coup d’un seul, les journées au bureau prennent des tournures de chasse à l’homme .
Le chercher des yeux.. Mais où est-il ? Faire « l’air de rien » le tour des bureaux… Sortir fumer une clope en espérant le croiser à son retour de déj, mais rentrer précipitamment au moment où on l’aperçoit à l’angle de la rue, parce que cela pourrait sembler louche si l’on restait à trainer devant l’entrée… Détaler comme un lapin, se cacher ni une ni deux derrière une porte (en rentrant son ventre), ou plonger in extremis ses yeux sur son écran d’iPhone au moment où il vous frôle… Afin d’éviter de croiser son regard.

Savant mélange entre la poursuite et la fuite, qui amène chaque soir à cet inévitable et cruel constat :
On ne l’a pas croisé de la journée et le bruit de son scoot qui retentit déjà au loin.

Heureusement, nous ne sommes que mardi. Il reste 3 jours avant le week-end.
Et demain, je recommencerai.

 

Il y a "7 commentaires" sur ce billet:

  1. les amours au bureau ce n’est pas du gâteau !

  2. Olivier dit :

    Si t’es en couple c’est pas bon..

  3. coeurbrisé dit :

    Ton histoire me touche particulièrement car elle résonne avec la mienne.
    La femme d’un autre, maquée donc elle aussi.
    Une collègue de bureau, je la connais depuis quelques mois.
    Qu’est-ce qui me plait le plus chez elle ? Sa longue chevelure brune, son tein métissé ? Ses pétillants yeux marrons dans lesquels je ne crains pas de me noyer ?
    Son indéflectible enthousiasme au quotidien, son soutien, son sourire ?
    C’est elle tout entière que j’ai envie de serrer contre moi, tendrement. Tout en retenue, je m’abstiens.
    Je garde le souvenir de nos longues conversations autour d’un plat au restaurant du coin, ou auprès de la machine à café.
    Je l’écoutais sans perdre une miette, ne pouvant détacher mon regard de ses yeux, hypnotisé. J’écoutais les détails de son travail qui en auraient ennuyé plus d’un. J’écoutais les détails de sa vie privée qu’elle voulait bien me confier, comme sa relation passionnelle avec son compagnon. Autant de coups de poignards en plein coeur.
    Je passais régulièrement dans son bureau, sous n’importe quel prétexte.
    Souvent nos mains se sont effleurées, sourires complices ou gênés.
    Parfois je m’arrangeais pour finir mon travail en même temps qu’elle. A chaque fois, c’était un déchirement lorsqu’on se séparait à la station de métro.
    Ah, c’est peut-être ça que j’ai le plus apprécié : la complicité, le sentiment qu’on se comprenait vraiment.
    Comment lui dire ? Devais-je lui dire ? Maintes fois j’ai retourné la conversation, restée virtuelle, dans ma tête fatiguée.
    Parfois, j’étais à deux doigts de lui ouvrir mon coeur. Mais rien n’est sorti. La peur de tout gâcher ?
    Moi aussi j’ai l’impression d’avoir à nouveau 15 ans.
    Nouvelle épreuve pour moi : hier elle est partie, appelée vers d’autres fonctions, à quelques stations de métro d’ici. Je suis allé lui dire au revoir dans son bureau, j’avais du mal à cacher mon émotion. Elle m’a dit qu’on se reverrait très bientôt.
    Ce matin en arrivant, je suis entré dans son bureau désormais vide. Seul ce parfum si familier y subsiste encore.
    Je ne suis resté que quelques instants dans ce lieu pleins de souvenirs, mon coeur se serrait, mes yeux s’embuaient.
    C’est sans doute à ça qu’on reconnait l’intensité des sentiments : la souffrance de la séparation, la sensation d’être en manque.
    Aujourd’hui, j’attends de ses nouvelles. Je consulte sans arrêt mon téléphone pour voir si un texto est arrivé. Toujours rien.
    Moi aussi, il ne me reste que le béguin. Mais n’est-ce qu’un béguin ?

    • virginie dit :

      Effectivement, j’ai bien peur qu’il s’agisse de quelque chose de bien plus fort que le béguin. Le béguin, c’est rafraichissant, amusant, léger… Toi, tu nous parles d’amour là, et c’est plus douloureux.

  4. Folie Privée dit :

    J’vais pas m’étaler sur mes propres expériences. Juste, ton post : top :]

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Elikxir@Elikxir, c’est Clhoé. Une nana plein d’entrain et d’idées. Elle a vécu 5 ans à Montréal et 2 ans à Dubaï. Fraichement revenue à Paris, elle a 1000 projets. Sa spécialité sur twitter, ce sont les #InfosInutiles et la #WoupWoup attitude. Douée pour les hiQ, elle vous balancera chaque matin une pensée positive pour la journée. Du bonheur en tweets à follower d’urgence. Surtout que vous risquez de la croiser à presque tous les events parisiens. Bientôt avec moi sur @DigitalComptoir

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